Une industrie verrière a animé Blanzy tout au long du XIXème siècle et jusqu’en 1911. On a tout lieu de penser aujourd’hui que la création d’une verrerie à Blanzy est due à Claude-François Perret, entrepreneur-constructeur du Canal de Charolais (Canal du Centre) qui, on le sait, résidait au Château de Savigny, proche de l’Ouche Marceau où fut installée la verrerie. Claude-François Perret avait probablement associé dans l’affaire les frères Sauzéas, notables et industriels de Saint-Etienne en Forez. Ceci entre 1805 et 1807. L’entreprise s’arrêta avec le décès d’un des frères. Plusieurs tentatives de redémarrage sont signalées au début du XIXème siècle, mais il faut attendre la prise en main par Jules Chagot autour de 1850 pour assister à l’essor de la Verrerie de Blanzy. En 1870, la construction de trois fours à bassin est un tournant majeur dans l’histoire de la fabrique de bouteilles. C’est aussi probablement de cette époque que date le mur de soutènement qui barre la colline depuis la route nationale jusqu’à la rue aux Fèvres.
En 1899-1900, de grandes grèves secouent le Bassin Minier. A l’issue de celles-ci, les dirigeants de la nouvelle Société des Mines de Blanzy adoptent un mot d’ordre : ne plus faire que du charbon.
Finies les industries annexes : fabrique de sacs, bonneterie, verrerie. Le directeur de la Verrerie, M. Pierre Rochette (il fut Maire de Blanzy de 1896 à 1900) se bat pendant dix ans pour maintenir une rentabilité que le manque permanent d’investissement rend fragile. Il décède en avril 1911. La Société des Mines brade la Verrerie en juillet à un consortium de verriers de la Loire. On doute même que la vente ne fût jamais réglée.
Et la Fanfare ? Elle a certainement été fondée en 1889. Nous possédons un exemplaire de statuts déposés en 1893 pour une Fanfare des Mineurs de Blanzy ; le président est alors M. Rochette. On retrouve ensuite une Fanfare des Mineurs et Verriers, et une Fanfare des Verriers. La loi de 1901 n’existait pas encore et la situation pouvait être fluctuante !
En 1900, la Société des Mines coupe également les subsides aux diverses associations. Monsieur Rochette, avec l’aide financière de Monsieur de Barbentane et le soutien du Curé Alimonière regroupe les musiciens au sein de la Fanfare des Verreries.
Plus d’un siècle plus tard, la Fanfare - on dit souvent les Verreries - est encore présente dans le paysage culturel blanzynois. Elle constitue un témoignage du passé industriel, plus précisément verrier de la commune.